L’exposition présente au public plus de 150 reproductions de dessins réalisés par des hibakusha, terme qui désigne au Japon les survivants des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki.

De rares photographies montrèrent l’ampleur des destructions en marquant de façon indélébile la conscience historique mondiale. Mais elles avaient leurs limites : toute présence humaine, de blessés ou de morts, avait été évacuée de la prise de vue, focalisée sur les champs de ruines. Il a fallu le temps d’une génération pour libérer les souvenirs et la parole.

En 1974, après avoir reçu le dessin d’un homme de 74 ans souhaitant exprimer ce qu’il avait vécu lors du bombardement américain du 6 août 1945, la chaîne de télévision japonaise NHK lança à travers tout l’archipel un appel à témoignage auprès des survivants du drame, les hibakusha, devenus les symboles de la lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde.

Les 3 600 dessins collectés entre 1974 et 2002 sont exposés au Musée du Mémorial de la Paix d’Hiroshima, ouvert en 1954. Précieux et fragiles, ces originaux ne peuvent pas quitter le Japon et ne sont pas connus du public européen. Ces dessins témoignent de l’enfer qui s’est abattu sur les deux villes japonaises, au moment du bombardement, puis dans les heures et les jours qui ont suivi. Ils décrivent l’apocalypse qu’ont vécu ces hommes, ces femmes et ces enfants, seuls ou aux côtés de leurs familles, amis ou voisins.

La puissance graphique et l’expressivité de ces dessins nous touchent immédiatement, sans doute parce qu’ils ne proviennent pas d’artistes professionnels mais aussi parce qu’ils nous donnent accès à l’effroi et aux sentiments intimes des survivants.

En contribuant au débat et aux réflexions sur les rapports entre la mémoire et l’expression artistique, les Archives nationales poursuivent leurs missions prioritaires de faire connaître les sources de l’Histoire, notamment auprès de la jeunesse. En choisissant de présenter cette exposition exceptionnelle à Pierrefitte-sur-Seine, elles souhaitent favoriser l’accès de tous au matériau le plus émouvant et le plus sensible qui soit, le témoignage direct des victimes, auxquelles cette manifestation rend hommage.

 Quand  : du 8 décembre au 31 mars 2018
  : Archives nationales – site de Pierrefitte-sur-Seine ; 59 rue Guynemer, 93380 Pierrefitte-sur-Seine
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