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Encore plus de place pour le sport !

En Seine-Saint-Denis, les sportifs sont de plus en plus nombreux mais le manque d’équipements se fait toujours sentir. Le Département trouve des solutions pour plus de stades, de gymnases, de piscines et veut développer la pratique dans ses parcs.

Bouger, on en a tous besoin et on le sait tous. Quel que soit notre âge, que l’on aime la compétition ou simplement pour se sentir bien dans son corps, seul ou avec d’autres… L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de pratiquer au moins 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue (1) – les enfants de 5 à 17 ans doivent eux pratiquer jusqu’à 60 minutes.
La gymnastique, le judo, le football font aujourd’hui très souvent partie du parcours éducatif. On inscrit son enfant pour qu’il s’amuse, qu’il apprenne à utiliser son corps, à respecter les autres… Mais pour les accueillir, les clubs ont besoin de structures : gymnases, stades, dojos…

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Pas de solutions toutes faites

C’est là que le bât blesse : la Seine-Saint-Denis est l’un des derniers départements français en termes d’équipements sportifs par nombre d’habitants. Alors que la moyenne nationale est de 49 équipements pour 10 000 habitants, on n’en compte chez nous que 16,2 : trois fois moins. De plus, 45 % des équipements ont plus de trente ans et nécessitent des travaux réguliers et des réhabilitations coûteuses. L’ensemble de l’Île-de-France connaît les mêmes difficultés, moins prononcées.
Pas moyen dans ce cas d’apporter de solutions toutes faites et immédiates. Les chantiers seraient trop nombreux, trop coûteux. Il faut utiliser chaque possibilité pour combler le retard. Le Département s’est lancé dans un grand programme de construction et reconstruction de collèges. Chacun d’eux dispose d’un équipement sportif, gymnase, plateau d’évolution… Premier avantage, les collégiens ne perdent plus de temps à rejoindre un gymnase ou un stade parfois éloigné de plus d’un quart d’heure. Enfin, en dehors du temps scolaire, cet équipement peut être utilisé par des clubs locaux.

Le Département compte trois fois moins d’équipements sportifs que la moyenne nationale. Il faut utiliser chaque possibilité pour combler le retard !

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Chaque soir de la semaine, après les élèves du collège Simone-Veil, le gymnase Omar-Charif accueille le CBAB, l’un des meilleurs clubs français de badminton. « Le Département a d’abord construit le gymnase, puis le collège, explique Frédérik Folkeringa, président du club. Nous l’occupons grâce à une convention entre le Département, le collège et nous-mêmes. »
Justement, les habitants de Seine-Saint-Denis sont-ils des habitués des stades, des gymnases ? Pas si sûr ! S’inscrire dans un club, cela implique des rendez-vous hebdomadaires, des horaires précis, des week-ends bloqués… Un ensemble de contraintes peu compatibles avec le rythme de vie urbain actuel, comme le montre une récente étude de l’Institut régional de développement du sport (IRDS)(2). Alors qu’il est si simple d’enfiler une paire de runnings et courir dans la ville, fixer un rendez-vous à des amis sur un réseau social ou réserver un terrain de foot à cinq à n’importe quelle heure…
Les Franciliens disposent de moins de temps et de moins de structures que les provinciaux mais ils ont la même envie de se dépenser. Ils ont donc cherché et trouvé des solutions adaptées à la ville.

Du sport en plein air

Gérard Baslé, ex-maître de conférence à l’université Paris-Descartes et consultant au cabinet ISC, spécialisé dans le conseil en équipements sport et culture, connaît bien la Seine-Saint-Denis pour y avoir travaillé à l’élaboration du Scotes (lire page 14), à la recherche de sites pour les JO 2024 notamment. «  Ce département manque certes de structures sportives classiques mais il dispose d’une grande richesse : ses berges de canaux, de fleuves, ses espaces verts qui sont autant d’espaces propices aux activités de plein air.  » Avec pas moins de huit parcs départementaux, des milliers d’hectares de verdure en pleine ville : de véritables stades multifonctions où se croisent marcheurs, coureurs, cyclistes, footballeurs du dimanche, etc.
Les abdos façon tablette de chocolat, Moussa est un habitué des agrès du parc départemental du Sausset. « Le street-work out, c’est un sport complet. En plus on est dehors, on vient comme on veut, quand on veut, entre amis, totale liberté !  »
Pour Gérard Baslé, les gymnases sont de moins en moins adaptés. « Un gymnase, c’est comme une salle de classe. On y va avec un professeur, on y fait ce que l’on nous demande de faire et c’est fermé pendant les vacances ! » Les activités physiques de plein air ont le vent en poupe et pourraient encore se développer avec les chantiers du Grand Paris. « Pour l’instant, reprend Gérard Baslé, les futures gares n’ont pas encore pris en compte cette dimension. Mais si elles intègrent les déplacements doux – vélo, marche, de plus en plus de monde y aura recours. » Un grand bénéfice en termes de santé publique et de respect de l’environnement.

1/ OMS, recommandations mondiales en matière d’activité physique pour la santé : www.oms.com
2/ www.irds-idf.fr

Paroles d’habitants

Pierre 31 ans, ex-Clichois

« J’ai grandi à Clichy et, de passage chez mon frère, c’est la première fois
que je viens à la nouvelle piscine. Comparé à ce que j’ai connu lorsque j’étais enfant, c’est sûr que c’est un vrai plus dont la ville avait besoin. Lorsque j’étais au primaire, je ne suis, par exemple, jamais allé à la piscine avec l’école…
 »

Ilham 35 ans, maman de Ilyana, 5 ans, Montfermeil

«  On essaie de venir deux fois par semaine alors qu’avant on y allait très rarement parce que les autres piscines – Bondy ou Livry – étaient saturées. Ici c’est très tranquille et ma fille peut prendre ses leçons de natation pendant mon cours d’aquagym. »

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Les Jeux olympiques, on les veut !

Si Paris obtient les Jeux olympiques et paralympiques 2024, les sportifs de Seine-Saint-Denis seraient gagnants. Un centre aquatique serait construit à Saint-Denis pour les épreuves de natation. La piscine de Marville serait complètement rénovée pour le water-polo. De nombreux stades, gymnases seraient rénovés pour l’entrainement des athlètes. L’organisation des Jeux, permettrait d’accélérer la construction du Grand Paris Express, un plus pour les transports, mais aussi pour le sport si on prévoit des trottoirs suffisamment larges pour y marcher, y courir, des pistes cyclables et emplacements de stationnement de vélo, des parvis couverts pour y faire du skate, du basket… Pour mieux respirer, préserver sa santé, se rencontrer en partageant des activités. Autant y penser avant de construire...

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Le plan de rattrapage arrive à terme

En 2011, le Département signait avec l’État un plan
de rattrapage des équipements sportifs. D’un coût total de 72 M€, il a été financé par l’État à hauteur de 15 M€. Malgré un contexte budgétaire difficile, l’engagement exceptionnel du Département s’élève à 12,5 M€. Ce plan prévoit, dans 34 communes, la couverture de 40 courts de tennis, la réalisation de 30 terrains en gazon synthétique, la rénovation de 23 gymnases. Aujourd’hui, près de 80 % des projets ont été réalisés.

Les collèges, terrains de sport pour tous

Le Plan Ambition Collèges 2020 prévoit de rénover et moderniser 81 collèges et d’en reconstruire 15 autres. Les équipements sportifs ne sont pas oubliés : 36 M€ vont y être consacrés, avec notamment la création de neuf pôles sportifs (gymnases, salle d’armes ou piscine).
Ces équipements sont utilisés non seulement par les collégiens mais aussi par les habitants, comme au collège Jacqueline-de-Romilly du Blanc-Mesnil. Une association sportive y a été créée, les pompiers viennent le dimanche matin, l’association sportive du lycée Aristide-Briand le mercredi après-midi et, le week-end, des compétitions de judo y sont parfois organisées.

Pour les équipements, jouons collectif

Le Département a adopté le Schéma de cohérence territoriale des équipements sportifs (Scotes), en concertation avec le monde sportif, les communes et différents acteurs institutionnels. En résumé, ce schéma préconise : de mutualiser les équipements sportifs et ne pas se limiter
aux frontières des communes ; de respecter les règles de l’économie durable…

Encore plus de sport dans les parcs

Le 29 septembre, l’assemblée du Conseil départemental a adopté un programme d’investissement et de modernisation des huit parcs départementaux pour la période 2016-2020. Baptisé À vos parcs !, ce programme mobilise 54 M€ au profit des activités de loisirs et de culture : nouveaux parcours sportifs et ludiques, agrès de fitness accessibles, aire de pratique libre, initiation au vélo ou au roller, séance de coaching…

Trois questions à Stéphane Troussel

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Propos recueillis par Sabine Cassou

Le sport ne fait pas partie des compétences d’un Département. Alors pourquoi vous impliquez-vous autant dans ce domaine ?

Je pense que le sport est un outil indispensable pour l’épanouissement des habitants, des plus jeunes aux plus âgés. Le sport génère aussi de la fierté quand des athlètes de Seine-Saint-Denis s’illustrent au niveau national, européen voire international. Mais nous manquons d’infrastructures. Depuis plusieurs années nous nous sommes donc engagés, avec les villes et l’État, dans un plan de rattrapage des équipements sportifs. Le constat est sévère : le nombre de licenciés dans les clubs reste trop faible, et un élève sur deux arrive en classe de 6e sans savoir nager… Dans nos nouveaux collèges, nous intégrons des salles d’EPS polyvalentes, des gymnases, voire des piscines comme à Clichy et Pierrefitte. Et nous venons de voter un plan départemental de 40 millions d’euros, pour construire ou rénover de nouvelles piscines d’ici 2021.

Pour y arriver, est-il indispensable de jouer en équipe avec les différents partenaires ?

Nous partageons avec le mouvement sportif une vision claire des besoins, dans le soutien de telle ou telle discipline, ou dans la dynamique de mutualisation des moyens. L’émergence de pôles d’excellence est une vraie démarche innovante afin de mieux accompagner les jeunes sportifs et de former des champions. Mais pour répondre à ces besoins de notre territoire, nous allons avoir besoin que l’État et la Région jouent en équipe avec la Seine-Saint-Denis. Par exemple en s’engageant dans le Plan Piscines porté entre autres par Mathieu Hanotin, conseiller délégué au sport.

En quoi l’organisation des JOP 2024 à Paris et en Seine-Saint-Denis pourrait-elle booster notre pratique sportive ?

Quelle belle dynamique ce serait pour accélérer tous nos projets en matière d’équipements mais aussi de développement du sport pour tous. Les clubs, les associations, les villes, les habitants qui pratiquent une activité physique, en attendent beaucoup. L’engouement pour les Jeux olympiques est un fait bien réel. Aidons à faire émerger la génération des champions 2024, ceux qui sont actuellement dans nos collèges et nos lycées…

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