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Collèges : dernière (re)prise avant le clap de fin

Après avoir rouvert leurs portes aux 6e et aux 5e (4 juin) puis aux 4e et aux 3e (11 juin), les 130 collèges de Seine-Saint-Denis affichent quasiment complets. Si les règles de distanciation physique ont été assouplies depuis le 22 juin dans le cadre de la 3e phase du déconfinement, le protocole sanitaire est toujours en vigueur et les gestes barrières sont omniprésents dans le quotidien des élèves. Reportage au collège Didier-Daurat, au Bourget.

« Allez, tout le monde sort, et tout le monde pense à mettre son masque ! » Au collège Didier-Daurat, au Bourget, il est 15 heures, l’heure de la récréation. En ce jeudi 25 juin, une nuée d’élèves (près de 700) s’apprête à prendre l’air, une moitié dans la cour (les 5e et 3e), l’autre moitié sur le plateau sportif attenant (les 6e et 4e) pour minimiser les contacts. Et comme le masque est obligatoire dès lors qu’on sort des classes, les personnels pédagogiques n’hésitent pas à donner de la voix. Des surveillants au principal, en passant par les deux CPE, tout le monde veille au respect des consignes sanitaires. Quand la sonnerie retentit et qu’il faut regagner sa salle de classe, les collégiens s’alignent en file indienne et se font asperger les mains de gel hydroalcoolique. Une action répétée inlassablement plusieurs fois par jour : le matin en arrivant, au début et à la fin d’un cours, avant et après la cantine, le soir en repartant, etc. « Cela peut paraître rébarbatif mais on ne se pose pas trop de questions, nous n’avons de toute façon pas le choix et il y a plus ennuyeux dans la vie », estime le chef d’établissement Boris Calabrese, qui ne se sépare plus de son pulvérisateur rempli de gel.

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N’étaient les gestes barrières, le port du masque lors des déplacements, les affichettes rappelant les règles à suivre et les marquages au sol, somme toute assez discrets, le collège Didier-Daurat semble avoir repris une vie normale. Dans les couloirs ou dans la cour, on rit, on se charrie, on se bouscule. Mais l’image la plus frappante, celle qui rappelle le plus le monde d’avant, est sans conteste le nombre d’élèves. « Depuis le 22 juin et l’obligation pour les écoles et les collèges d’accueillir tous les élèves, nous avons retrouvé 92 % de nos effectifs, détaille Boris Calabrese. On ne s’attendait pas à en revoir autant. [D’après Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, au 24 juin, 75 % des collégiens en France avaient repris le chemin de l’école, ndlr] Cela prouve que le travail de suivi pendant la période de confinement auquel ont pris part l’ensemble des personnels pédagogiques de notre établissement a été très efficace. Nous avons maintenu un contact permanent avec chaque parent. Les CPE connaissent d’ailleurs leur numéro de portable par cœur (sourire). »

« Ne pas se quitter sur une fausse note »

Cette reprise des cours revêt évidemment un fort enjeu social et éducatif, notamment pour les élèves décrocheurs. A Didier-Daurat, ces derniers, environ une soixantaine sur 725, ont fait l’objet d’une attention particulière ces trois derniers mois. « Les professeurs se les sont répartis et ne les ont pas lâchés d’une semelle, assure le principal. Gérer cette situation a constitué une priorité. » Pour les deux dernières semaines de cours, alors que le ministère de l’Education nationale n’a pas donné de consignes particulières, les profs vont surtout s’atteler à recréer du lien avec les élèves, réaliser des bilans pour voir ce qui a été fait pendant le confinement et « identifier certains besoins pour que le passage au niveau supérieur se fasse dans les meilleures conditions possibles, ajoute Boris Calabrese. Nous n’allons pas rattraper trois mois en quinze jours. Le plus important était de nous revoir, de ne pas se quitter sur une fausse note. »

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Dans les salles de classe, l’ambiance est à la fois joyeuse et studieuse. Parmi les élèves, d’aucuns s’accordent à dire que, finalement, rien ne vaut le présentiel. « Pour la première fois, l’école m’a manquée, plaisante Lisa, en 5e 7. J’étais un peu stressée à l’idée d’y retourner après une si longue coupure mais j’avais hâte de retrouver mes amis et même mes professeurs. » Sa copine Qayyima abonde dans le même sens mais se dit fatiguée d’avoir dû travailler tout ce temps à la maison, un environnement qui ne favorise pas la concentration. « C’était long, je n’en pouvais plus de travailler derrière un écran d’ordinateur, seule dans ma chambre, ça a fini par me déprimer. » Leur camarade Anis considère, pour sa part, que si les gestes barrière sont indispensables, ils sont lassants à la longue. « Nos profs nous rappellent en permanence ce qu’on doit faire, le gel, le masque, nos déplacements… On a l’impression d’être des robots. » Pour Nacer Mezouari, leur prof de maths, l’épreuve du confinement a livré des enseignements très intéressants sur la capacité des élèves et des parents à s’adapter à cette situation exceptionnelle. « En ce qui me concerne, le travail à distance a très bien fonctionné alors qu’au départ, je n’y croyais pas du tout. Tout le monde a joué le jeu. Comme tous nos échanges se faisaient par écrit, même les plus timides ont osé me poser des questions auxquelles je n’avais jamais eu droit en cours. S’il demande, il est vrai, beaucoup d’implication, le distanciel permet d’aborder des thèmes qu’on n’a pas eu le temps de traiter en classe, de passer plus de temps sur des exercices que certains ont du mal à maîtriser. Pour les élèves en difficulté, cela reste une solution très intéressante. »

Photos : ©Eric Garault

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