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Carolle Zahi, athlète au CAM et reine du sprint en France

Lors des championnats de France d’athlétisme, les 12 et 13 septembre à Albi (Tarn), la pensionnaire du Club Athlétique de Montreuil 93 a remporté les épreuves du 100m (pour la 4e année consécutive !) et du 200m. Un doublé que la sprinteuse avait déjà réalisé en 2018 et qui l’autorise à rêver plus grand à moins d’un an des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo. Entretien.

Vous venez de réaliser le doublé 100m et 200m aux championnats de France, on vous sent heureuse, bien sûr, mais surtout soulagée...

Oui, en effet. Il a fallu évacuer pas mal de pression pour l’emporter. Notamment sur le 100m où je suis très attendue depuis quatre ans en France. Sur le 200m, il y avait plus d’incertitudes car je n’avais pas réalisé la meilleure performance nationale de l’année. Au final, ce fut une grosse satisfaction car j’ai couru sous les 23’’ (22’’98 exactement) en finale. Quelques jours auparavant, ma 2e place obtenue sur 100m lors du meeting de Bruxelles (Ligue de Diamant, le top au niveau international, ndlr) m’avait donné le plein de confiance. J’étais donc plutôt sereine sur ma capacité à réaliser de bonnes performances aux championnats de France.

Des performances d’autant plus intéressantes que durant les six premiers mois de l’année, entre les pépins physiques et le confinement qui a entraîné le report de nombreuses compétitions, vous n’avez pas été épargnée…

Un mois avant les championnats de France, je traînais une blessure au genou enquiquinante - une inflammation au niveau cartilage – que j’ai pu heureusement soigner à temps. Mais la saison avait déjà été fortement perturbée avec le confinement. Quand j’ai repris le chemin de l’entraînement en mai, la question était de savoir si j’allais pouvoir de nouveau performer après trois mois d’arrêt. Je n’ai pas trop douté, en tout cas je n’ai pas voulu. Dans notre sport, un athlète essaie toujours de rester positif car sa carrière est faite de joies mais aussi de nombreuses déceptions avec les blessures, les défaites… Ce doublé aux championnats de France a donc une saveur particulière et me donne des raisons d’y croire pour la suite.

En France, vous avez tout gagné ou presque, quels sont vos prochains défis ?

La prochaine étape, forcément, est de m’imposer dans les compétitions internationales où j’ai jusqu’ici eu du mal à m’exprimer. En mars prochain, il y aura deux rendez-vous très importants : les championnats d’Europe (à Torun, Pologne) et du monde (à Nankin, en Chine) en salle. Tous les voyants sont actuellement au vert pour y faire un résultat. Après ce sera les Jeux, on verra…

Pour briller sur la scène internationale justement, quels sont, selon vous, les domaines dans lesquels vous devez encore vous améliorer ?

Sur le plan psychologique, où j’ai parfois fait preuve de fébrilité, j’ai progressé ces dernières années. Une saison parfaite est une saison sans blessures, c’est ça la plaie des athlètes. Et pour progresser, il faut que je continue à engranger de l’expérience. Cela passe par des confrontations régulières face aux meilleures en participant à des meetings de premier plan.

Un mot sur votre club, le CAM ?

C’est un club sain dans lequel je me sens très bien et où je compte rester encore longtemps. Je tiens d’ailleurs à remercier les dirigeants pour leur soutien et leurs messages d’encouragement. Je leur donne rendez-vous aux championnats de France interclubs 2021 pour une nouvelle victoire (le CAM a remporté cette épreuve 18 fois, dont les 4 dernières éditions, un record en France, ndlr).

Propos recueillis par Grégoire Remund
Photo : Sylvain Hitau (meeting Montreuil 2019)

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