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Portrait Compte à rebours pour les Jeux paralympiques

Bopha K.O.ng

Il est une des grandes chances de médaille de la France et de la Seine-Saint-Denis aux Jeux paralympiques de Tokyo cette année. Bopha Kong, multiple champion du monde de para-taekwondo licencié à Bondy, a toutes les raisons d’être ambitieux.

Calme et plutôt réservé dans la vie de tous les jours, Bopha Kong change d’attitude dès qu’il enfile son dobok et monte sur le tatami. Concentré à l’extrême, le regard fixé sur son adversaire, il est tout entier tendu vers un seul but : la victoire. Cet instinct de combattant, Bopha l’a toujours eu. « A trois ans, je suis arrivé à Gonesse en provenance du Vietnam. J’ai toujours été attiré par les sports de combat. Dès que j’ai pu, j’ai débuté la boxe anglaise, mais aussi le kick-boxing. » Lorsqu’un accident le laisse à 18 ans amputé des deux mains, il ne renonce pas pour autant mais se tourne vers le taekwondo. Cet art martial coréen privilégie l’usage des jambes. « C’était plus adapté pour moi, explique-t-il. Je ne m’entraînais qu’avec des valides et j’ai rapidement progressé.
Mais à cette époque il n’existait pas de compétitions de para-taekwondo, alors je m’inscrivais en catégorie open, avec les valides. »
Un véritable challenge dans lequel Bopha Kong obtenait certes des résultats, mais pas à la hauteur de son engagement. « A un moment, j’ai pensé arrêter. J’avais une blessure au genou et surtout un manque d’objectif. Il n’y avait pas de grandes compétitions pour les personnes porteuses de handicap. C’est à ce moment que mon entraîneur m’a annoncé la création officielle du para-taekwondo, avec des règles adaptées comme l’interdiction des touches au visage. Alors, il était possible de disputer des compétitions nationales, internationales, un championnat du monde. Ça changeait tout ! »
Bopha intègre alors l’équipe de France, devient athlète de haut niveau, accède à l’Insep pour certains cours. Mais tout n’est pas simple pour autant. Notre combattant doit s’entraîner deux fois par jour, sans toujours disposer de créneaux dans des locaux adaptés. « Parfois je m’entraîne dehors, dans un parc, et même dans mon box ! »

Briller aux Jeux, à Tokyo comme à Paris

Mental d’acier et technique affutée, Bopha a trouvé la voie du succès avec à la clef quatre titres de champion du monde et deux titres européens en moins de 61 kg. Son prochain objectif est le titre olympique. « A Tokyo, le para-taekwondo sera pour la première fois représenté aux Jeux paralympiques. C’est une chance que je ne veux pas manquer ! Du fait de mon classement dans la liste des meilleurs mondiaux, je suis déjà qualifié. » L’esprit tranquille, il consacrera son temps d’ici à septembre à sa préparation, entre stages à l’étranger et compétitions, pour se présenter à son meilleur niveau au Japon. « Et l’autre objectif, c’est de gagner dans quatre ans à Paris. J’aurai 41 ans, je pourrai terminer en beauté ! »
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