Catégories
Seine Saint-Denis
Seniors

Au chevet des séniors

Le Département donne aux jeunes la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences pour définir un projet d’avenir. Exemple avec Mehdi et Elias engagés comme volontaires du service civique avec Unis Cité dans le cadre du programme Support’AIR proposé par le Conseil départemental. Leur mission : partager l’élan de leur jeunesse avec des personnes âgées vivant en Ehpad ou chez elles.

À tout juste 17 ans, Mehdi a quitté le lycée professionnel où il avait été orienté dans une filière qu’il n’avait pas choisie. Sur les conseils de la conseillère d’éducation de son établissement, il a postulé pour un service civique. Bien lui en a pris !

Le jeune homme se souvient bien de ses premiers pas à l’Ehpad Hector-Berlioz de Bobigny il y a trois mois : « J’étais vraiment intimidé, je ne savais pas trop comment aller vers les gens ». La glace a rapidement fondu. Un résident est venu vers lui, puis un autre, puis encore un autre. Et l’équipe de l’Ehpad l’a bien accueilli. Et au fil des jours et la relation s’est nouée. « Il faut dire que j’aime bien les personnes âgées, j’adore parler avec elles et les écouter me parler de leur passé, de ce qu’elles ont vécu. J’apprends plein de choses avec elles, c’est plus intéressant que tous les cours d’histoire que j’ai eus ! » Tous les mardis, avec son « binôme » Élias, Mehdi passe la journée à l’Ehpad. Ils participent aux activités organisées par l’animateur, donnent un coup de main aux aides-soignantes au moment de repas, aident à l’accueil des familles qui viennent rendre visite à leurs parents - compliquées en ces temps de crise sanitaire - et surtout créent un lien intergénérationnel précieux. « Et puis, j’avoue que ça me redonne un rythme »., reconnaît Mehdi. « Après avoir quitté le lycée, je n’avais pas grand-chose à faire de mes journées. Depuis je suis volontaire du service civique, je sais pourquoi je me lève et quand je me couche, je me dis que j’ai été utile. »

Être utile

Se rendre utile, c’était aussi le souhait d’Élias, 20 ans, qui lui aussi a abandonné sa scolarité l’an dernier après une deuxième de tentative pour décrocher le bac. « Je me vois bien travailler dans le social et dans la psychologie, explique-t-il. Mais sans le bac, impossible d’entrer à l’université. « Je ne voulais pas perdre une année, alors pourquoi pas un faire un service civique ? On sert à quelque chose et on apporte le sourire à des gens qui en ont bien besoin. », insiste-t-il. Comme à cette octogénaire à qui Élias et Mehdi rendent visite une après-midi par semaine. « Elle est atteinte de la maladie d’alzheimer alors, elle ne se souvient pas toujours qui on est, raconte Élias. Et elle nous parle en italien en plus » ! » Qu’à cela ne tienne, lors de leurs visites, Mehdi et Élias se prêtent de bonne grâce aux séances de visionnage des albums photos de Madame A. « Quand elle est en forme, on fait des jeux de société. On voit bien que ça lui fait plaisir de nous parler de ses enfants, de ses petits-enfants, de son mari, de tout dont elle se souvient, même si on ne comprend tout ! »

Des projets plein la tête

Après trois mois de volontariat, le (très) jeune Mehdi dit avoir acquis de la confiance en lui. « J’ai l’impression que j’ai moins de mal à engager la conversation avec les adultes. J’ai muri, c’est sûr », dit-il. Élias, lui, préfère attendre encore un peu avant de faire un premier bilan, même si l’expérience l’a conforté dans sa volonté de poursuivre des études. « Dans un premier temps, je vais essayer de décrocher une capacité en droit, puis j’entrerai en fac de psycho ». Mehdi se projette, lui aussi désormais, dans l’avenir. « J’ai prévu de m’inscrire en CAP de mécanique auto à la prochaine rentrée, c’était déjà ce que je voulais faire et un des résidents de l’Ehpad m’encourage en me disant qu’il fallait toujours aller au bout de ses rêves ».

Un conseil des plus judicieux !

Le Saviez-vous ?

Cinq types de missions sont proposés aux volontaires du service civique recruté·e·s pour le compte du Département de la Seine-Saint-Denis.

Vingt d’entre elles/eux assurent un accompagnement éducatif auprès d’enfants, d’adolescent·e·s (notamment les jeunes pris en charge par la Camna) et de familles en situation difficile.

Vingt participent à des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire et énergétique auprès des collégien·ne·s. Leurs missions : sensibiliser les élèves aux enjeux de la transition écologique et la nécessité de prendre soin de leur environnement et de la planète à travers des ateliers et des animations.

Dix volontaires s’engagent aux côtés de la DPAPH pour effectuer des visites de convivialité aux personnes âgées, proposer des activités culturelles et de loisirs dans les Ehpad, aider les séniors dans leurs déplacements et accueillir le personnes âgées et en situation de handicap dans le hall d’entrée de l’immeuble Verdi.

Quinze jeunes s’investissent dans des actions d’accompagnement et de lutte contre la « précarité numérique » auprès des personnes en difficulté, notamment au sein des circonscriptions de service social.

Quel statut ?
Le Département a passé une convention avec l’association Unis Cité qui recrute, encadre et forme ces jeunes volontaires. Leurs salaires sont pris en charge par le Département. Les contrats de service civique durent entre 6 et 12 mois pour une durée hebdomadaire de 28 à 35 heures. En contrepartie de leur travail, les jeunes perçoivent une indemnité mensuelle de 580 euros (plafond réglementaire) et bénéficient du même nombre de jours de congés que

Et aussi des stagiaires...
En 2019, 850 stagiaires ont été accueilli.e.s au sein de la collectivité (y compris stages de 3e). Les stagiaires peuvent bénéficier d’une gratification lorsqu’elles/ils sont présent.e.s plus de 44 jours (de façon continue ou discontinue). La gratification des stagiaires est de 600,60 euros pour 22 jours de présence effective par mois. Elles/ils bénéficient aussi d’une prise en charge partielle de leurs frais de transports.

à lire aussi
Plan de rebond N°2

Face à la crise sociale, le Département vote un deuxième plan de rebond

Jeudi 4 mars, le Département a adopté un deuxième plan de rebond pour répondre à la crise sociale et économique engendrée par le Covid. Ce plan, doté de 13 millions d’euros, fait suite à un premier volet d’actions qui avaient été prises en juillet 2020. L’enjeu étant à la fois de soutenir les habitant·e·s et les acteurs·rice·s du territoire, durement éprouvé·es, et de construire d’ores-et-déjà l’après.

Santé Bobigny Portrait

Thomas Grégory dessine l’avenir de la chirurgie

À l’Hôpital Avicenne de Bobigny, le Service de chirurgie de l’épaule, du coude et de la main est devenu le premier service de chirurgie au monde à utiliser la réalité mixte pour ses opérations quotidiennes. Une véritable révolution, impulsée par le professeur Thomas Grégory. PORTRAIT.

Egalité femmes-hommes

Mariage forcé : Comment protéger les victimes ?

Le Département à travers son Observatoire des violences envers les femmes propose ce 9 mars une émission de télévision intitulée « Mieux protéger les filles et les jeunes femmes en danger de mariages forcés » sur SSD.FR/ENDIRECT à partir de 9H30. Interview avec Ernestine Ronai qui nous présente cette 19e Rencontre !

Lutte contre les violences

Le mariage forcé est une VIOLence

Amandine Maraval, responsable du LAO (Lieu d’Accueil et d’Orientation) à Bagnolet, est l’une des invité·e·s de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes, ce 9 mars. Aux côtés de Ernestine Ronai sa directrice, du juge pour enfants Edouard Durand, du prix Goncourt des lycéens Djaïli Amadou Amal. Interview avant de suivre l’émission télévisée de 9h30 à midi le 9 mars sur ssd.fr/endirect