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Bel été solidaire Actions pour les Jeux

A quatre ans des Jeux, l’été est sport en Seine-Saint-Denis

Durant tout l’été, le Département, associé à des partenaires tels que la FSGT 93 et différents comités départementaux, propose des activités sportives gratuites dans plusieurs parcs départementaux. L’objectif - encourager la pratique du sport pour petits et grands - rencontre celui défendu par le comité d’organisation des JO de Paris 2024. Vendredi 24 juillet, son président, Tony Estanguet, est d’ailleurs venu se rendre compte par lui-même des ateliers.

« Je ne connaissais pas du tout ce sport et ça m’a plu ! Je n’ai pas trouvé ça trop difficile : il suffit de pousser les nœuds le long de la corde, et on monte ! Là-haut, c’était bien : j’ai adoré toucher les branches » Darwin, 7 ans, est tout feu tout flamme après avoir découvert la grimpe d’arbres, discipline qui consiste à se hisser dans un arbre à l’aide d’une corde et d’un baudrier. « Attention, rien à voir avec l’accro-branches, souligne le très pédagogue Gil Barros, animateur de l’atelier. Bien sûr, dans la grimpe d’arbres, on retrouve le côté sensations : c’est une discipline qui vous amène à dépasser vos appréhensions, qui travaille la motricité et l’équilibre. Mais elle invite aussi à protéger notre environnement. Par exemple, les enfants ne repartent jamais d’une séance sans connaître le nom de l’arbre sur lequel ils ont grimpé. Là, c’était un platane. »

Sport pour tous

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En ce vendredi après-midi ensoleillé, Darwin est venu au parc Georges-Valbon avec son centre de loisirs de Bobigny pour y tester « Activ’été » – le nom du dispositif proposé par le Département et la FSGT 93. Quinze disciplines – la course d’orientation, le parkour, l’équitation ou la lutte – sont ainsi en accès libre l’après-midi du mardi au dimanche, encadrés par des intervenants des différents clubs ou comités sportifs du département.
« Voilà vingt ans que nous organisons ce genre d’ateliers sportifs mais aussi artistiques, sous différentes formes. Mais cette année tout particulièrement, le besoin s’en faisait sentir : le confinement a été dur pour tout le monde. Il était donc important de recréer des lieux de vie et de rencontres par le sport », souligne Clément Rémond, président de la FSGT 93 qui coordonne l’événement, au parc de La Courneuve (jusqu’au 8 août) mais aussi au parc de la Poudrerie (jusqu’au 26 août).

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Un peu plus loin, Iban, 6 ans et Ariles, 4 ans, viennent eux de tester le trampoline, bien accompagnés par Adeline et Melinda, deux intervenantes de l’Acro Tramp Sevran, l’un des clubs phares de la discipline sur le plan national. Centre de loisirs, familles, mais aussi structures médico-sociales ou même centres d’hébergements d’urgence : tout le monde est le bienvenu pour découvrir un sport ou partager un bon moment dans le cadre ressourçant du parc de La Courneuve.

Vraie respiration

Pour dynamiser le tout, le dispositif reçoit de temps à autre la visite d’un invité de marque. Le 4 août, le cycliste sur piste Michaël D’Almeida viendra ainsi témoigner de son expérience aux Jeux de Londres (argent) et Rio (bronze).
Vendredi, c’étaient deux anciens sportifs de renom pour le prix d’un qui avaient fait le déplacement. Emmeline Ndongue, vice-championne olympique de basket et membre de l’équipe Paris 2024 et Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë et aujourd’hui président du COJO, étaient ainsi de passage pour mesurer tous les bienfaits de ces ateliers sportifs auprès de la population de Seine-Saint-Denis.
« Je crois à un modèle de société où le sport a une place plus importante. Aujourd’hui, on est confronté à des enjeux de santé publique, d’éducation et je pense que le sport, parce qu’il offre de la mixité et du lien social est en mesure de répondre à tout ça. Mon objectif, en amont des Jeux, c’est donc d’encourager les bonnes pratiques comme celles que j’ai vues aujourd’hui », témoignait le patron de Paris 2024 qui financera par ailleurs « 24 sites pour 2024 », un programme invitant les habitants de Seine-Saint-Denis à une pratique physique régulière dans l’espace public.
A ses côtés, le président du Département Stéphane Troussel abondait : « Il nous paraissait essentiel, après la crise qui a durement frappé la Seine-Saint-Denis, que nous proposions aux habitant.e.s un été à la fois plus solidaire mais aussi plus sportif. Cela représente une vraie respiration pour les nombreuses personnes qui ne pourront pas partir en vacances cet été, mais aussi pour les associations et clubs qui ont besoin de se relancer. »
Pendant ce temps, Darwin était déjà loin, happé par un autre atelier. Le champion de la grimpe d’arbres et son centre de loisirs avaient débuté un atelier rugby, animé par le comité départemental. Plus vite, plus haut, plus fort, dans la même après-midi…

Christophe Lehousse
Photos : ©Franck Rondot

Activ’été se déroule :
- Au parc départemental Georges-Valbon, tous les APRES-MIDIS, du MARDI au DIMANCHE jusqu’au 8 août
- Au parc de départemental de la Poudrerie, tous les APRES-MIDIS, du MARDI au DIMANCHE jusqu’au 26 août
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Trois questions à... Tony Estanguet

« Envie que la Seine-Saint-Denis reste au cœur des Jeux »

A 4 ans des Jeux, le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) continue de défendre un événement exemplaire, tant au niveau de l’héritage pour la population que de son empreinte carbone. La récente pandémie de Covid et ses conséquences l’oblige toutefois à envisager des économies, pour prévenir de possibles surcoûts. Si le patron des Jeux souhaite notamment examiner tous les sites temporaires pour dégager une « marge de manœuvre », il assure toutefois que la Seine-Saint-Denis restera au cœur du projet olympique.

L’héritage des Jeux pour la Seine-Saint-Denis – et notamment les futurs équipements – est-il menacé par les conséquences de l’épidémie de Covid ?

« L’ensemble des acteurs impliqués dans les Jeux – le COJO, le CIO, mais aussi la Solideo et à travers elle les collectivités territoriales – continuent d’avoir la même vision de ces Jeux. Trois grands principes nous guident : la sobriété budgétaire- pour un budget total n’excédant pas 6,8 milliards d’euros – l’héritage pour la population, et l’excellence environnementale : on veut diminuer par deux l’émission carbone de ces Jeux par rapport aux précédents. Aucun de ces trois piliers n’est remis en cause par le Covid. Sur la Seine-Saint-Denis en particulier : on ne veut pas remettre en question l’héritage des Jeux pour ce territoire, c’est un principe que l’on conserve malgré les incertitudes financières. »

Vous avez pourtant déclaré récemment que le Covid obligerait à dégager des économies. Pourquoi d’ailleurs ?

« Avec l’épidémie, on rentre dans un contexte économique assez incertain, donc on doit trouver des marges de manœuvre. Il y a notamment des risques potentiels sur le marché de la construction et on voit bien autour de nous que différents projets peuvent ressortir avec des enveloppes plus chères que prévu. Il y a aussi une incertitude économique importante liée au fait que près de 98 % des fonds du COJO est de l’argent privé. On veut donc être prudents par rapport à de mauvaises surprises potentielles. Voilà pourquoi nous testons à l’heure actuelle différents scénarii pour nous dégager une marge de manoeuvre de l’ordre de 10 % d’économies (aux alentours de 400 millions d’euros donc, le budget du COJO étant lui de 3,8 milliards) »

Sur quels éléments du projet olympique se feront ces économies et cela peut-il concerner les projets en Seine-Saint-Denis ?

« Si on veut se donner une marge de manœuvre, ça concerne tous les sites de compétition, principalement les sites temporaires. Notre idée est notamment de voir si on peut reporter certaines épreuves prévues initialement dans du temporaire vers des sites déjà existants (en Seine-Saint-Denis, les équipements temporaires sont notamment la zone olympique du Bourget incluant le tir et le volley et le bassin démontable des épreuves de natation, ndlr). Mais notre objectif, c’est de garder les grands équilibres pour que la Seine-Saint-Denis puisse continuer à être un des poumons des Jeux. La présence du village des athlètes, du stade de France en atteste, de même d’ailleurs que l’implantation du siège du COJO en Seine-Saint-Denis en 2021 : on a envie que ce territoire reste au cœur des Jeux. »

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