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A Montreuil, un Taylor waterproof, Zahi et Manga dans leur jardin

Mardi 11 juin, au cours d’un 11e meeting international d’athlétisme fortement perturbé par la pluie, le double champion olympique Christian Taylor a toutefois su rebondir au triple avec la cinquième meilleure performance mondiale de la saison, tandis que Carolle Zahi et Aurel Manga faisaient resplendir le jaune et bleu du CA Montreuil 93.

« C’est qui ? C’est Montreuil ! Sur les courses, sur les sauts, sur les lancers, pour ambiancer, y a Montreuil ! » Joyce Cheikh, rappeur made in Montreuil et auteur de l’hymne du club version rap, devait se démener pour réchauffer un public un peu douché par les fortes pluies qui s’abattaient ce mardi sur le stade Jean-Delbert.
Heureusement, sur ce 11e meeting international de Montreuil, il devait recevoir l’aide d’un allié de poids : le triple sauteur Christian Taylor. Dès son premier essai, le double champion olympique claquait un fracassant 17m41, qui faisait se réveiller tout le stade. Soit la cinquième meilleure performance mondiale de l’année. Auteur au total de 4 sauts au-delà des 17m, Taylor enchantait sous la pluie, là où Pedro Pablo Pichardo, autre invité de marque, n’y voyait goutte : le vice champion du monde 2015 terminait 3e avec 16m 67.
Impérial sur le sautoir, Christian Taylor gagnait aussi à l’applaudimètre. Ravi par les encouragements des enfants du quartier et de l’école d’athlé du CA Montreuil, il se livrait à un clapping en mode islandais devant la tribune principale. « Je vais faire un selfie avec chacun d’entre vous ! », promettait-il.
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Victoire sans record pour Semenya

Le fantasque Américain était bien l’un des seuls à se montrer étanche aux conditions extrêmes de ce meeting frisquet. Même Caster Semenya, venue initialement pour tenter de battre le record du monde du 2000m, devait se déclarer vaincue par le chrono. La Sud-Africaine laissait au final 13 secondes dans sa bataille contre les 5 minutes 25’20’’ de l’Irlandaise O’Sullivan, datant de 1994. Bien partie sur les deux premiers tours, la double championne olympique sur 800 m devait ensuite lentement laisser filer, elle aussi contrariée par une humidité pas propice aux records.
L’essentiel était toutefois ailleurs pour « Caster », qui avait enfin la tête à la piste alors qu’elle est engagée dans une bataille juridique avec la fédération internationale d’athlétisme. Celle-ci a en effet décidé de contraindre les athlètes dits hyperandrogènes (athlètes féminines présentant des taux naturellement élevés de testostérone, ce qui est le cas de Caster Semenya) à se soumettre à un traitement médicamenteux si elles souhaitent participer à n’importe quelle course entre le 400m et le mile (1609 m). Entre temps, les avocats de l’athlète ont gagné une première bataille en obtenant d’un tribunal suisse une suspension de ce règlement, mais seulement de manière provisoire. « Ils ont un problème avec moi, moi je n’en ai pas avec eux. Je ne peux que me concentrer sur moi-même et mes performances d’athlète. Ce soir, mon plan était de courir un 2000 m, mais je suis capable d’être compétitive du 400 m au semi-marathon », expliquait mardi une Caster Semenya très stoïque, avant tout de même de lâcher un plus cinglant : « hors de question que je prenne un traitement ». Bien secondée par une Francine Niyonsaba, athlète burundaise également considérée comme « hyperandrogène », qui ne tournait pas autour du pot : « Je suis triste. Je trouve que c’est un règlement discriminatoire, qui m’a ciblée ainsi que certaines autres athlètes de classe mondiale. »

Un public trempé mais heureux

Mais à côté de cet orage, la soirée avait heureusement aussi ses moments de légèreté : la 2e place d’Alexis Miellet sur 800m, derrière le Kenyan Kipruto, dans l’excellent temps de 1’46’’70, meilleure performance française de la saison. Ou encore la victoire en 2’00’’63 de la Britannique Laura Muir, également sur le double tour de piste. Dans cette même course, Cynthia Anaïs signait aussi une honnête 5e place en 2’03’’39, après avoir débouché en tête aux 150 mètres. «  Je coince un peu dans la dernière ligne droite, mais je suis quand même satisfaite. C’est une belle expérience sous mes nouvelles couleurs », jugeait la Martiniquaise, passée tout récemment du club de Saint-Denis Emotion au CA Montreuil.
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Mais c’est une autre néo-Montreuilloise qui devait ramener le soleil dans ce meeting. Carolle Zahi remportait un 100m un peu chahuté par un premier faux-départ puis par la blessure de l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou. Et si le temps – 11’’51 - était ce qu’il était, la championne de France 2018 s’en contentait. « Je venais ici pour rencontrer le public de mon nouveau club, et c’est une belle première rencontre. Montreuil, c’est un club familial et convivial, mais c’est aussi le meilleur club de France ! », rayonnait la joviale sprinteuse en faisant référence au 18e titre des Interclubs raflé à la mi-mai par le club à la panthère noire.
Un peu plus tard, c’était au tour d’Aurel Manga de hisser haut les couleurs jaune et bleu. Dans un 110 m relevé, mais toutefois orphelin d’un Aries Merritt finalement pas au départ, le hurdler du CA Montreuil terminait 2e en 13’’53, au coude à coude avec Wilhem Belocian, 13’’52. « Une telle densité tricolore, ça tire forcément vers le haut. Et encore, aujourd’hui, il manquait Pascal-Martinot Lagarde et Garfield (Darrien) : ça nous oblige à toujours être au top et ça permet d’avoir toujours trois Français compétitifs en championnats internationaux ». Alors oui, CQFD : « sur les courses, sur les sauts, sur les lancers, pour ambiancer, y a Montreuil ! »

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