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Seine Saint-Denis

3 questions à Stéphane Troussel

Le président du Conseil départemental, Stéphane Troussel, s’exprime sur la place de la femme dans la société et en Seine-Saint-Denis et sur l’engagement du Département. Il répond aux questions de Sabine Cassou.

Les violences sexuelles ou conjugales font la Une de l’actualité. Est-ce exagéré de dire que le Département a toujours été à la pointe du combat des femmes dans ce domaine ?

Non, vous avez raison. L’égalité fait partie de l’ADN de notre département. Depuis plusieurs semaines, des femmes victimes de violences témoignent et on mesure l’ampleur des dégâts. Je suis très fier d’être le président d’une collectivité qui a pris des mesures fortes. La Seine-Saint-Denis a fait le choix il y a 15 ans de créer l’Observatoire des violences faites aux femmes et d’agir avec tous les partenaires concernés (Police, Justice, Éducation, associations). Et ce travail porte ses fruits.

Vous qui êtes un acteur de la vie publique, pensez-vous que les femmes ont enfin pris leur place dans la société ?

Cela s’améliore un peu dans certains domaines. En politique, la loi sur la parité ou la mise en place de nouveaux modes de scrutin ont permis des avancées réelles. C’est le cas au Conseil départemental, où on est passé de 10 % à 50 % de femmes élues. Mais il reste beaucoup d’efforts à faire au sein des sphères de pouvoir. Si on veut une société de progrès, bienveillante et respectueuse, on ne peut accepter une pareille domination masculine. Il faut être volontariste : enseigner l’égalité filles-garçons dès le plus jeune âge, augmenter la visibilité des femmes dans les médias, faire vivre l’histoire du féminisme, gagner l’égalité salariale, comme en Islande récemment...

8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Il reste donc encore beaucoup à faire ?

En dépit de nos efforts, il reste de nombreux combats à mener, ici comme ailleurs, pour résister aux régressions, replis et tentations réactionnaires… Des femmes meurent encore sous les coups de leur conjoint. La Seine-Saint-Denis a initié une ordonnance d’accompagnement protégé pour les enfants en cas de violences conjugales. Si le gouvernement l’entend, je lui propose de généraliser ce dispositif à tout le pays, et on aura une fois encore donné l’exemple.

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